Top 10 des femmes spoliées par des hommes

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Derrière de grandes découvertes scientifiques peuvent se cacher des femmes. Pourtant, elles ne seront pas reconnues pour autant car des hommes les ont spolié. Qui sont-elles ?

Femme scientifique
Beaucoup de femmes se cachent derrière de grandes avancées scientifiques. Photo libre de droit.

Elles n’ont pas toutes eu la chance de Marie Curie, reconnue de son vivant pour ses travaux. Ces femmes sont souvent victimes de l’effet Matilda, voulant que le sexe féminin soit minimisé au profit des hommes dans la recherche scientifique.

Lise Meitner et la fission nucléaire

En 1938, il ne fait pas bon être juif en Allemagne et Lise Meitner n’échappe pas à la règle. Diplômée de l’université de Vienne avec mention, elle part en 1907 pour Berlin où certaines femmes ont le droit de mener des travaux de recherches. Lise collabore avec Fritz Strassman et Otto Hahn dans le « projet uranium ». Les trois scientifiques réussissent à couper l’uranium en deux noyaux plus légers : la fission nucléaire est née. En 1944, ses deux collègues obtiennent le Prix Nobel de Chimie. Il faut croire qu’être une femme et juive sont des critères éliminatoires pour le Prix Nobel pendant la seconde Guerre mondiale. Un élément porte tout de même son nom : le meitnérium.

Lise Meitner
Lise Meitner ©DR

Les travaux de Rosalind Franklin sur la biologie moléculaire

Rosalind Franklin n’a pas vu lui passer sous le nez un Prix Nobel… Mais bien deux ! En 1951, la chimiste présente ses résultats sur la structure de l’ADN au King’s College devant une assemblée. Elle a découvert grâce aux rayons X que l’ADN est composé d’une double hélice. James Dewey Watson, présent dans la salle, prévient ses deux collègues Maurice Wilkins et Francis Crick des découvertes de la jeune femme. Tous les trois utilisent les photos prises par la biologiste, à son insu, et les publient en leur nom. Ils reçoivent le Prix Nobel de médecine en 1962.Plus tard, un homme, Aaron Klung, s’approprie les découvertes de Rosalind sur la structure des virus. Il obtient le Prix Nobel de chimie en 1982 sans même remercier la chimiste. Rosalind Franklin est décédée à trente-sept ans d’un cancer des ovaires dû à la surexposition aux rayons X.

Rosalind Franklin ©DR

Les fonctions des chromosomes X et Y par Nettie Stevens

Jusqu’ici, on pouvait culpabiliser les femmes qui « n’arrivaient » pas à avoir de garçons. Mais cela change avec la découverte de Nettie Stevens ! Encore étudiante, elle découvre que les chromosomes X et Y déterminent le sexe du bébé. C’est donc bien l’homme qui donne le chromosome Y, pour avoir un garçon ! Cela va tout à fait à l’encontre des théories de l’époque et ses résultats passent sous silence. En 1933, le généticien Thomas Hunt Morgan, son ancien directeur de thèse, obtient le Prix Nobel de médecine pour « ses » résultats sur les chromosomes. Nettie est arrivée aux mêmes conclusions… En 1905. Elle ne verra pas son professeur lui voler son prix car elle décède en 1912 d’un cancer du sein.

Nettie Stevens ©DR

Esther Lederberg et la génétique des bactéries

En 1951, la microbiologiste américaine découvre alors qu’elle est encore étudiante, le « phage lambda », un virus qui infecte certaines bactéries et se cache dans leur ADN. Esther Lederberg participe par la suite avec son mari Joshua à l’évolution des connaissances sur la génétique des bactéries. Ils développent ensemble la technique de la « double plaque », toujours utilisée aujourd’hui, qui permet de transférer les bactéries d’une boite de pétri, c’est à dire une petite boite en verre peu profonde pour réaliser des cultures en milieu solide, à une autre. Joshua Lederberg est récompensé par le Prix Nobel de physiologie pendant que son épouse reste en coulisse.

Esther Lederberg ©DR

Le pulsar par Jocelyn Bell Burnell

Durant les sixties, Jocelyn Bell Burnell étudie les quasars, des sources célestes d’ondes hertziennes analogues à une étoile. Elle découvre, en allant plus loin, une source de rayonnement électromagnétique : le pulsar. Sauf que Jocelyn est encore étudiante ! Le jury du Prix Nobel récompense alors… son professeur de recherche : Anthony Hewish. Il publie les découvertes de la jeune femme sous son nom et obtient ainsi le Prix Nobel de physique en 1974. Il peut dire « merci » à Jocelyn car lui voulait arrêter les recherches bien avant cette trouvaille !

Jocelyn Bell Burnell ©Daily Herald Archive/SSPL – Getty

Les étoiles et Cecilia Payne-Gaposchkin

Jeune anglaise exilée aux Etats-Unis pour pouvoir être astronome, Cecilia Payne-Gaposchkin découvre en 1924 que les étoiles sont composées à 98% d’hélium et d’hydrogène. Alors élève à Harvard, son professeur Henry Russell, la dissuade de publier ses recherches car il est impossible pour lui qu’un astre ait une autre composition que la Terre. Mais quatre ans après, il fait les mêmes déductions que Cecilia et publie la découverte en son nom. Il ne faut pas trop lui en vouloir car, lui au moins, a mentionné l’étudiante dans la publication. Il ne partage pas pour autant son Prix Nobel. Mais Cecilia a pu se réconforter, puisqu’en 1976, la Société américaine d’astronomie lui décerne le Prix… Henry Norris Russell !

Cecilia Payne Gaposchkin ©DR

Le développement des cellules embryonnaires par Hilde Mangold

En 1935, Hans Spemann obtient le Prix Nobel de médecine pour la découverte de l’effet organisateur dans le développement des embryons. Sauf que cela ne vient pas de lui mais de son étudiante Hilde Mangold. En 1920, la jeune femme transplante un morceau de tissu embryonnaire d’une espèce sur une autre. Deux siamois voient alors le jour avec des génomes différents. Manque de chance, elle décède à cause de l’explosion de son réchaud à gaz avant de publier ses résultats. Cela aurait été dommage de gâcher tant de travail, le directeur de thèse les publie donc en son nom.

Hilde Mangold ©DR

Chien-Shiung Wu contre la loi de parité

Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas seulement parce qu’elle est une femme qu’elle n’a pas eu de Prix Nobel, mais parce qu’elle est chinoise. Chien-Shiung Wu, physicienne, est embauchée par l’université de Colombia dans les années 40 pour la détection des radiations et l’enrichissement de l’uranium. Elle participe ainsi au développement de la bombe nucléaire. À ce moment-là, elle est reconnue par ses pairs. Dans les années 50, elle participe à l’infirmation de la loi de parité avec Tsung-Dao Lee et Chen Ning Yang. Cette loi indique « les particules qui se répètent de façon symétrique se comporteront de la même manière ». Elle prouve que cela n’est pas toujours vrai. Ses deux collègues reçoivent le Prix Nobel de physique en 1957… mais pas elle.

Chien-Shiung Wu©DR

Les problèmes mathématiques résolus par Mileva Maric Einstein

Je suis sûre que son mari ne vous est pas inconnu ! Mais on ne peut pas réduire Mileva Maric Einstein à ce simple statut. C’est en effet aussi une grande physicienne. En 1900, elle sort de l’institut polytechnique de Zurich en même temps qu’Albert Einstein. En plus d’être seule élève féminine, elle obtient une moyenne similaire à celui qui inventera, plus tard, la relativité restreinte : 4, 7 pour Mileva et 4,6 pour Albert (noté sur 5). Ils commencent à travailler ensemble puis se marient en 1903. Les lettres privées qu’ils s’envoient témoignent qu’elle ne restait pas seulement dans la cuisine. Elle réalise la plupart des calculs mathématiques et physiques avec son époux jusqu’à leur divorce en 1914. Sauf qu’Albert Einstein a « oublié » de mentionner le nom de sa femme lors de la publication de ses travaux. Il obtient le prix Nobel de Physique en 1921 pour l’invention de l’effet photoélectrique sur laquelle Mileva a travaillé également.

Mileva Maric Einstein ©DR

Alice Ball avec un traitement contre la lèpre

La lèpre avait peu d’ennemis avant le traitement trouvé par Alice Ball. Cette afro-américaine est la première à être diplômée de l’université d’Hawaï. Elle y enseigne la chimie en même temps qu’elle cherche à soigner cette lourde maladie. Elle se penche sur l’huile essentielle de Chaulmoogra et isole ses composants. Alice parvient à garder les vertus thérapeutiques en les rendant injectable dans le corps humain. Malheureusement, la jeune femme meurt à vingt-quatre ans sans avoir publié ses découvertes. Arthur L. Dean, président de l’université, saisit sa chance et s’attribue tous les résultats. De toute façon personne, ne pourrait contester ses dires ! L’établissement a mis 90 ans avant de reconnaitre la supercherie.

Alice Ball ©DR

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https://www.demotivateur.fr/article-buzz/10-femmes-qui-ont-revolutionne-la-science-et-qui-ont-pourtant-ete-oubliees-par-les-manuels-scolaires–3761

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